La France, corridor aérien d’un fugitif de la CPI

Combien de temps encore Paris va-t-elle ouvrir son ciel à un homme visé par la justice internationale ?Depuis l'émission d'un mandat d'arrêt par la Cour pénale internationale (CPI) le 21 novembre 2024 pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés, Benyamin Netanyahou continue de traverser l'espace aérien français.Les données aéronautiques (Flightradar24, FlightAware) recensent au moins six survols de l'appareil officiel Wing of Zion avec le feu vert de Paris : février, avril, juillet et décembre 2025, puis février et juillet 2026.L’esquive juridique du Quai d’Orsay
Pour justifier ces autorisations, la France soutient que le Statut de Rome n'impose pas d'intercepter un appareil en vol et que l'obligation d'arrêter un suspect ne s'applique que s'il pose le pied sur le sol national.
Une lecture contestée par de nombreux juristes. En vertu de la Convention de Chicago (1944), l’espace aérien relève de la souveraineté totale de l’État.Délivrer une autorisation de survol diplomatique est un acte politique délibéré. En enchaînant ces accords, la France aménage de fait un corridor d'impunité pour un suspect de la CPI.Le « deux poids, deux mesures »
En se retranchant derrière cette passivité, la France entache sa crédibilité diplomatique.
Comment défendre la justice universelle d'un côté et faciliter les déplacements d'un dirigeant poursuivi de l'autre ? Chaque survol accordé banalise l'exception et envoie un signal désastreux : face aux alliances politiques, les mandats d'arrêt internationaux restent bloqués au sol.